Mardi 25 mai 2010 2 25 /05 /Mai /2010 19:39

 

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     En 1836, Le Creusot fut racheté par Adolphe et Eugène Schneider, le maître de forges Boigues et le banquier Seillière. Eugène Schneider avait acquis une expérience sidérurgique en suivant les cours du Conservatoire des Arts et Métiers et en dirigeant les forges appartenant à de Neuflize dont il épousa la petite-fille. Quant à Adolphe, il se maria avec la belle-fille de Boigues. Ces appuis familiaux et professionnels leur donnaient une solide assise financière quand ils reprirent Le Creusot… L'entreprise allait profiter de la conjoncture heureuse pour la sidérurgie que devaient provoquer la construction des chemins de fer, des bateaux en fer, des charpentes métalliques…
    Sous le Second Empire, Eugène Schneider fit du Creusot une usine gigantesque, tout en étendant son pouvoir au monde des affaires, de la finance et de la politique. Vice-président du Corps Législatif à partie de 1852, il accéda à la présidence en 1867. Il était lié avec Paulin et Talabot, le maître du P.L.M. (Compagnie ferroviaire)… Il était au conseil d’administration du P.L.M. et de la Société Générale ; il était régent de la Banque de France. Sa prééminence était incontestée chez les maîtres de forges qu’il regroupa en 1864 en un organisme de défense des intérêts de la profession, le Comité des Forges, car le poids économique du Creusot était considérable. A la fin de l'Empire, il produisait plus de 130 000 tonnes de fonte, presque autant de fer, plus de 100 locomotives par an… Après la guerre, sur les instances du gouvernement, Schneider se tourna vers la fabrication de canons en acier, à l'instar de Krupp.
    Eugène Schneider était un « fondateur » : issu de la bonne bourgeoisie, il devint un des hommes les plus puissants de l’économie, non seulement par ses capacités, mais aussi par ses liens familiaux et par l’appui de la banque Seillière. Après sa mort en 1875, la dynastie familiale se perpétua avec son fils Henri (1841-1898), son petit fils Eugène (1868-1942) et son arrière-petit-fils Charles (1898-1960), dernier du nom.


Patrick Verlet, La révolution industrielle 1760-1870, M.A. Editions, 1985.

Par Sébastien Pailler - Publié dans : L'Europe en mutation
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